Ça fait un moment que le blog s'est fait discret — mais le catalogue, lui, a continué de grossir. Des décisions en cours, des réflexions qui prennent du temps, des redirections dont les détails viendront prochainement. L'envie de dire merci aux amis pour leurs marques de soutien lors de mon anniversaire était là aussi, même si l'article dédié n'a jamais vu le jour. Peu importe : les prochaines nouvelles compenseront, et certains seront contents. En attendant, voici un arrivage éclectique, dense en grands noms, bien fourni en éditions originales.
Commençons par les westerns, qui représentent une belle part de cet arrivage. Durango ouvre le bal avec son premier tome en édition originale, Les Chiens Meurent en Hiver, publié aux Éditions des Archers. Yves Swolfs signe là une série exigeante, sèche, brutale dans le bon sens du terme — un anti-héros taillé à la serpe, loin des codes du genre. Ces EO sont les origines d'un personnage qui allait s'imposer durablement dans le paysage franco-belge.
Blueberry est également de retour dans le stock avec, entre autres, le tome 24, Mister Blueberry, en édition originale Dargaud. C'est un album charnière : Jean Giraud recentre la série sur son personnage principal, change de registre, engage Blueberry dans une direction plus personnelle et moins épique. Ceux qui suivent la série le savent, ceux qui ne la connaissent pas encore ont là un point d'entrée singulier.
Dans la même veine western mais dans un autre esprit, Les Gringos arrive avec son premier tome en édition originale chez Edi 3. Jean-Michel Charlier au scénario — lui qui co-signait déjà Blueberry — et Victor de La Fuente au dessin, pour une série ancrée dans la révolution mexicaine. Un duo solide, un premier tome intitulé Viva la revolución ! qui pose les bases avec tout ce qu'on attend de Charlier : du rythme, de la tension, une narration qui ne s'embarrasse pas.
Hors des plaines poussiéreuses, Michel Vaillant apporte une touche différente. Le tome 26, par exemple, Champion du monde, en édition originale chez Le Lombard — Jean Graton à son meilleur dans un univers du sport automobile qui dépasse largement le simple récit de course. Michel Vaillant est de ces séries qu'on range un peu vite dans les cases sans prendre la mesure de leur construction.
Buddy Longway accompagne cette édition originale Lombard, signé Derib. Un western là encore, mais d'une sensibilité toute différente — plus intimiste, plus philosophique, attentif aux peuples amérindiens à une époque où peu de bandes dessinées leur accordaient cette dignité.
Du côté des comics, Civil War est présent en deux volumes complémentaires. Le tome 0, Prélude, regroupe des contributions de J.M. Straczynski, Brian M. Bendis, Zeb Wells et Skottie Young. L'Intégrale Journal de guerre, elle, convoque Jenkins, Bendis et Marc Guggenheim pour explorer les coulisses humaines de cet événement Marvel. C'est l'occasion de mentionner Straczynski, dont l'influence reste trop discrètement reconnue : scénariste de comics majeurs, il est aussi le créateur de Babylon Five et co-créateur de Sense8. Un homme qui a façonné une partie de l'imaginaire science-fiction télévisé des vingt dernières années, et dont le nom mérite qu'on s'y attarde.
Pour finir, deux œuvres qui n'ont pas besoin de présentation mais qui justifient toujours qu'on en dise un mot. Blake et Mortimer avec le tome 1 et 2, Le Secret de l'Espadon, signé Edgar P. Jacobs — l'édition des Éditions Blake & Mortimer, une pièce de base pour toute collection sérieuse. Et Akira, tome 3, Les Chasseurs, dans la version Glénat — Katsuhiro Otomo qui poursuit son œuvre monstre, l'un des mangas les plus influents jamais publiés en France.
Un arrivage varié, donc, avec du fond. La suite arrive bientôt.