Il y a des silences qui ressemblent à de l'absence et qui n'en sont pas. Ça fait un moment que le blog n'a pas donné signe de vie — pas d'article, pas d'arrivage commenté. Mais le magasin, lui, n'a pas chômé. Réflexions en cours, décisions prises, quelques évolutions en préparation dont les détails viendront dans un article dédié dans les prochains jours. Pour l'heure, on remet le moteur en marche avec un lot sans prétention, quelques belles éditions originales en bon état, et la conviction qu'un arrivage tranquille peut quand même donner envie de raconter des choses.
Commençons par Le Scrameustache, dont trois tomes en édition originale sont arrivés chez nous. Gos signe cette série chez Dupuis à partir de 1974, et c'est l'un des grands plaisirs de la bande dessinée franco-belge pour enfants — à condition de ne pas la cantonner aux enfants. Khéna, le gamin terrien, et son cousin extraterrestre au museau gris : une amitié improbable pour des aventures qui mêlent humour, science-fiction douce et vrai sens du rythme. Les tomes 3, 9 et 13 couvrent des épisodes assez différents — Le Continent des Deux Lunes signé Gos seul, Le Dilemme de Khéna, et Le Secret des Trolls co-signé avec Walt, qui rejoint Gos au scénario à partir d'un certain moment de la série. Trois volumes en édition originale Dupuis, en bel état : de quoi former un joli noyau de collection ou combler quelques manques.
Dans un autre registre, Valérian est représenté par deux volumes Dargaud. Le tome 12, Les Foudres d'Hypsis, est l'un des épisodes les plus politiquement chargés de la série — Mézières et Christin y taillent sans ménagement dans les pouvoirs spirituels et les institutions religieuses. Un album qui vieillit bien, précisément parce qu'il ne cherchait pas à plaire. L'autre volume est un peu particulier : Mézières et Christin avec..., un ouvrage de dialogue et de réflexion sur la série, sa genèse, ses influences — le genre de livre qui complète une collection autant qu'il l'éclaire.
Les Technopères nous offrent le tome 6, Les Secrets du Techno-Vatican, en édition originale aux Humanoïdes Associés. Jodorowsky scénarise, Zoran Janjetov dessine, Fred Beltran assure les couleurs. C'est le Jodorowsky démesuré, provocateur, foisonnant — celui qui ne fait pas de cadeau au lecteur distrait mais récompense généreusement celui qui s'y engage.
Jijé est présent avec un volume de L'Histoire en Bandes Dessinées consacré à Charles de Foucauld, dans la collection Dupuis. Jijé — Joseph Gillain pour l'état civil — est l'une des figures tutélaires de la bande dessinée belge, maître de Franquin, Morris et Peyo entre autres. Ces albums pédagogiques sont souvent sous-estimés des collectionneurs, à tort : le trait de Jijé y est entier, reconnaissable, et ils témoignent d'une époque où la bande dessinée se pensait aussi comme outil de transmission.
Milo Manara est là aussi, avec Séance Photo érotique, édité par Démons et Merveilles en offset. On ne présente plus Manara : une ligne d'une précision et d'une sensualité rares dans la bande dessinée européenne. C'est d'ailleurs l'occasion de signaler qu'une nouvelle catégorie affiches et posters ouvre sur le site — Manara en est pour l'instant l'ambassadeur involontaire, mais d'autres choses suivront.
Enfin, un casque Dark Vador miniature au 1/5 de la collection Star Wars Casques de Collection chez Altaya. Un objet de vitrine, pour les amateurs de l'univers Lucas autant que de belles répliques.
Un arrivage sans éclat, donc, mais honnête. Et surtout, un signe que le blog reprend son rythme. Les prochains jours apporteront quelques précisions sur les évolutions en cours. À suivre.