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Nouveautés du 05/06

Le Trône de Fer - Tome 15 - Une danse avec les dragons - George R.R. Martin - Pygmalion - 1
L'Assassin Royal - Tome 13 - Adieux et Retrouvailles - Robin Hobb - Pygmalion - 1
L'Assassin Royal - Tome 12 - L'Homme Noir - Robin Hobb - Pygmalion - 1
Le Trône de fer - 2 - Le Donjon rouge - George R. R. Martin - Pygmalion - 1
L'Assassin Royal - Tomes 1 à 3 (L'Apprenti Assassin, L'Assassin du Roi, La Nef du Crépuscule) - Robin Hobb - France Loisirs - 1

Il y a des noms qui reviennent sans cesse dans les conversations entre amateurs de fantasy. Des noms qui font lever les yeux au ciel d'admiration, ou qui déclenchent des discussions de deux heures autour d'un café. George R.R. Martin et Robin Hobb en font partie — et aujourd'hui, on se retrouve avec un bel arrivage consacré à ces deux piliers du genre.

Commençons par Martin, puisqu'il faut bien en parler. *Le Trône de Fer*, c'est l'œuvre qui a popularisé la dark fantasy auprès d'un public immense, bien au-delà des cercles de passionnés. Une saga fleuve, politique, brutale, peuplée de maisons nobles qui s'entretuent pour s'emparer d'un siège de métal fondu. Westeros est un monde sans héros propres, sans manichéisme confortable — et c'est précisément ce qui a fasciné des millions de lecteurs depuis la parution du premier tome en 1996. On a reçu de quoi reconstituer une grande partie de la série, des premiers tomes jusqu'aux derniers volumes, en éditions J'ai Lu et Pygmalion. En bonus, les deux parties de *Dangerous Women*, l'anthologie codirigée par Martin et Gardner Dozois, où des autrices et auteurs de renom explorent la figure de la femme dangereuse à travers des nouvelles de fantasy, de SF et de polar — un objet à part entière, souvent sous-estimé.

Je serai honnête avec vous : j'ai commencé *Le Trône de Fer*, j'ai regardé quelques épisodes de la série, et ce n'est pas vraiment mon univers. Trop de personnages, trop de noms à retenir, trop de trahisons par centimètre carré — même si je comprends parfaitement ce qui séduit là-dedans. C'est de la grande fantasy, du grand spectacle, et il est tout à fait possible que j'y revienne un jour avec plus de patience ou le bon état d'esprit. En attendant, je vous le recommande chaleureusement si vous aimez les récits épiques et les intrigues de cour sans filet.

Robin Hobb, en revanche — là, c'est une autre histoire. Une histoire qui m'a coûté plusieurs nuits blanches, à vrai dire. *L'Assassin Royal* suit Fitz, bâtard de sang royal recueilli à la cour des Loinvoyant, formé dans l'ombre à l'art de l'assassinat au service du royaume. Ce qui rend Hobb extraordinaire, c'est qu'elle écrit moins une épopée qu'une vie. On suit un personnage sur des décennies, avec ses erreurs, ses deuils, ses attachements — et on souffre avec lui d'une façon qui n'arrive pas souvent en littérature. La magie y est rare, intime, presque organique : l'Art, qui permet de communiquer par la pensée, et le Vif, ce lien profond et mal vu qui unit certains humains aux animaux. Des premiers tomes jusqu'aux derniers volumes du cycle, on a de quoi plonger ou prolonger l'aventure.

Les *Cités des Anciens* se déroulent dans le même univers, mais offrent une expérience radicalement différente. On quitte les intrigues de cour pour embarquer sur des navires vivants — des vaisseaux construits en bois de sorcellerie, dotés de conscience et de mémoire, qui s'éveillent progressivement au contact du sang de leur famille. C'est un cycle maritime, commercial, familial, qui explore des thèmes moins attendus dans la fantasy : l'esclavage, la dette, l'identité, la transformation. Les tomes 3 à 5 sont disponibles ici, soit la seconde moitié d'un cycle qui mérite vraiment d'être lu depuis le début.

Et puis il y a Megan Lindholm — le nom de plume que Robin Hobb utilisait avant d'adopter son pseudonyme définitif. Une facette méconnue d'une autrice qu'on croit connaître. *Le Peuple des Rennes*, dont on a les deux premiers tomes, plonge dans un monde inspiré des cultures nomades du Grand Nord, où une jeune femme suit une tribu de semi-nomades qui vivent en symbiose totale avec leurs rennes. C'est une fantasy dépouillée, sans magie tapageuse, qui tient davantage du récit de survie et d'apprentissage que de l'aventure héroïque. *Le Dernier Magicien*, lui, se passe dans un Seattle contemporain hanté par des créatures mythologiques oubliées — un ton plus urbain, plus étrange, qui annonce déjà la sensibilité particulière de celle qui deviendra Robin Hobb.

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