Il y a des semaines où le stock ne raconte pas une seule histoire, mais plusieurs à la fois. Celle-ci ressemble à une bibliothèque un peu folle où se côtoient des petits hommes bleus, un thriller urbain sombre, un thriller médiéval ésotérique et des planches architecturales qui donnent le vertige. Faisons le tour.
Commençons par Corbeyran, auteur prolifique de la bande dessinée franco-belge, rompu aux univers noirs et aux récits à tension. Le Régulateur est l'une de ses séries les plus tendues, dessinée par Éric et Marc Moreno. L'histoire tourne autour d'un exécuteur des basses œuvres opérant dans les marges du système, entre institutions corrompues et violence sèche. Nous avons reçu la série complète en édition originale Delcourt : les tomes 1 et 2, Ambrosia et Hestia, puis les tomes 3 et 4, Ophidia et 666 I.A. Un arc cohérent, à lire d'une traite.
Dans un registre voisin, Rapaces de Jean Dufaux et Enrico Marini. Si Marini est aujourd'hui célèbre pour Le Scorpion ou ses collaborations avec Zidrou, c'est ici qu'on mesure l'étendue de son talent graphique dans les années 1990. Un dessin expressif, presque cinématographique, au service d'une histoire de vampires modernes et d'espionnage. Nous proposons la série complète en quatre tomes, édition Dargaud, ainsi qu'un hors-série intitulé Je reviendrai. Ce hors-série est une rareté : peu diffusé lors de sa sortie, il est aujourd'hui difficile à trouver.
Xavier Dorison et Alex Alice ont signé avec Le Troisième Testament l'une des œuvres les plus ambitieuses de la BD historique et ésotérique des années 2000. Quatre tomes titrés Marc, Matthieu, Luc et Jean — structure d'évangiles, récit de chasse aux manuscrits dans l'Europe médiévale, avec une mise en scène visuelle d'Alice d'une densité remarquable. Publié chez Glénat, le cycle est complet chez nous, et il mérite amplement l'attention de quiconque a aimé un Umberto Eco ou un roman de chevalerie bien charpenté.
Astérix, lui, n'a besoin d'aucune présentation. Goscinny au scénario, Uderzo au dessin : un duo qui a bâti quelque chose de rare, une comédie populaire dont l'humour résiste à la lecture adulte aussi bien qu'enfantine. Ce que nous avons en stock est une intégrale luxe Hachette-Dargaud, tomes I à VII. Des volumes grand format, soignés, pensés pour durer. Ce type d'édition intégrale de prestige est moins courant qu'on ne le croit sur le marché de l'occasion.
François Schuiten et Benoît Peeters forment l'un des duos les plus singuliers de la bande dessinée européenne. Les Cités Obscures, c'est un projet architectural et littéraire autant qu'une série : chaque album est une ville, un monde parallèle, un vertige géographique dessiné avec une précision d'ingénieur. Nous avons le tome 5, Brüsel, édition Casterman, ainsi que les tomes 8 et 9, La Frontière invisible 1 et 2. Brüsel est l'un des albums les plus accessibles du cycle et souvent cité comme une porte d'entrée idéale.
Terminons avec Peyo et ses Schtroumpfs — et pas dans n'importe quelle édition. Les intégrales Rombaldi sont des objets à part entière : reliure solide, papier épais, mise en page généreuse. Nous avons les tomes 1 à 4 en Rombaldi, et les tomes 6 et 7 en édition Dupuis.
Voilà, une semaine sans thème unique, mais avec du caractère à chaque étagère.